Une culture unique et originale

Toute une culture basque, originale, spéciale, différenciatrice et intéressante s’est construite autour de l’euskera, la langue basque. Une culture populaire, dans laquelle la participation des personnes a toujours figuré parmi les principaux ingrédients. Teintée de nuances traditionnelles et folkloriques, la culture basque englobe des disciplines uniques et singulières qui se pratiquent encore de nos jours:


PELOTA BASQUE

Pelota Vasca

À l’époque des Romains, on jouait déjà à divers jeux de balle mais les adversaires se situaient l’un en face de l’autre, à cause de la propre matière des balles qui ne leur permettaient pas de rebondir suffisamment.

Lorsque le caoutchouc fut introduit dans l’élaboration des balles, celles-ci augmentèrent leur capacité à rebondir et purent dès lors être lancées contre un mur. Et ainsi naquit la pelote basque.

L’ingéniosité des joueurs permit ensuite de créer de nouveaux matériaux et de nouvelles installations:


Types de frontons

  • Le fronton mur à gauche
    C’est l'installation qui règne dans la compétition professionnelle. À la base de ce type de fronton, un mur frontal (dénommé frontis) et un autre du côté gauche; par ailleurs, les frontons professionnels sont habituellement couverts et fermés (ce qui n’est pas le cas pour la plupart des frontons de villages et de quartiers).

  • Le trinquet
    Ce type de fronton nous vient du “jeu de paume” autrefois joué en France et est donc plus courant dans le Pays Basque Français. En raison de ses caractéristiques architecturales, il présente des modalités spécifiques: filet, tambour, xare…

  • Fronton place libre
    Le plus simple de tous, avec un mur et un espace de jeu délimité.

Modalités de jeu

    • Pelote à main nue
      C'est la plus habituelle, car il suffit d'une balle et d'un mur pour pouvoir jouer. Chaque balle est unique; ainsi, dans le monde de la pelote professionnelle, l’un des moments les plus intéressants est celui, rituel, de la sélection des balles, lorsque les adversaires en choisissent plusieurs suivant leur façon de jouer: plus rapides, plus lentes,…

    • Pala
      Dans plusieurs modalités, on utilise des palas ou paletas (palas plus petites et moins épaisses) pour donner de l’impulsion au moment de frapper la pelote. Suivant le type de balle employée et l’installation, les dimensions de la pala utilisée varieront aussi. Toutes les palas sont fabriquées en bois.

    • Chistera
      La cesta punta (“jai-alai”) est la modalité la plus connue hors du Pays Basque, à cause des joueurs qui émigrèrent dans d'autres pays: Miami, les Philippines, l’Amérique du Sud... Toutefois, d’autres modalités de jeu utilisent aussi le chistera : le joko garbi et le remonte. Dans celles-ci, le joueur de pelote ou pelotari ne peut pas arrêter la pelote (à la différence de la cesta punta); il doit l’attraper et la lancer en un seul geste.

    • Xare (ou Share)
      Populaire au Pays Basque Français, le xare est une raquette tressée mais avec un cordage peu tendu, qui ne permet pas de frapper la pelote, mais simplement de l’attraper. Lorsque le pelotari lance la pelote, c'est le mouvement du poignet qui permet de transmettre la vitesse et l’effet à la balle.


RÉGATES

Reagatas de La Concha

Les régates de traînières sont un sport qui a une double origine: d’une part, la pêche côtière, et de l'autre, le remorquage de grandes embarcations.

La pêche exigeait des individus capables de ramer durant des heures, pour arriver aux fonds de pêche et pour revenir au port avec le produit de la capture. Les régates naquirent des disputes et des paris entre les différentes équipes de rameurs.

Dans le cas du remorquage, dans les ports difficiles d’accès comme Bilbao et Pasajes, les embarcations de gros tonnage étaient remorquées dans le port par des traînières. Lorsque la tour de contrôle du port annonçait l’arrivée de bateaux, les traînières faisaient la course pour arriver les premières à l'embarcation et décrocher le travail.

Actuellement, les régates sont devenues un sport professionnel et possèdent leurs propres championnats. La compétition la plus connue et la plus populaire est la Régate de La Concha de Saint-Sébastien. Organisée pour la première fois en 1879 comme une activité de plus du programme des festivités estivales de Saint-Sébastien, son grand succès amena néanmoins la municipalité à l’inclure dans les programmes des festivités des années suivantes. Aujourd’hui, cette manifestation multicolore est suivie par des milliers de personnes.


FORCE BASQUE (HERRI KIROLAK)

La Force Basque ou herri kirolak est le terme qui désigne l’ensemble des modalités sportives traditionnellement pratiquées dans le monde rural basque. La plupart de ces sports étaient à l’origine des travaux propres à la vie rurale qui, au fil des années et de la rivalité qui se créait entre les voisins ou les habitants d'un village pour voir qui était le plus habile, se sont convertis en sports. Ainsi, l’activité qui consistait à couper des troncs pour s’approvisionner en bois a donné lieu au sport des aizkolaris ou coupeurs de troncs; le soulèvement de pierres nous vient de déplacer de gros rochers pour la construction (les sportifs sont connus sous le nom de harrijasolzailes) ou le traînage de pierres avec des bœufs (idi probak), etc.


DANSES BASQUES (EUSKAL DANTZAK)

Comme dans beaucoup d’autres cultures, la danse a constitué une part importante de la vie sociale et religieuse du Pays Basque. La plupart des danses encore pratiquées dans les fêtes populaires actuelles nous viennent de plus de 400 ans de pratique ininterrompue. On dénombre une infinité de bals et de danses populaires, et chaque célébration et fête populaire se distingue souvent par sa propre modalité de danse.


BERTSOLARIS

Le bertsolarisme ou l’art de chanter des vers improvisés, est l’une des disciplines les plus singulières de la culture basque. Le bertso consiste à improviser un vers en chantant, sur une rime et une mélodie prédéterminées. Il implique, pour les bertsolaris, de hautes doses d'imagination, d’habilité orale et de gymnastique mentale. De nos jours encore, des championnats de bertsolaris sont encore organisés sur tout le territoire, principalement à l’occasion de fêtes populaires, dans les cidreries, etc. Il existe même des écoles de bertsolaris d’où sont sorties les nouvelles générations qui ont atteint de hauts niveaux de qualité et de popularité.


LE BASQUE, OU EUSKERA, UNE LANGUE AUX ORIGINES INCONNUES

L’euskera est parlé de part et d’autre des Pyrénées Occidentales, autrement dit sur le territoire espagnol comme sur le français. Le basque est la langue co-officielle- avec l’espagnol- dans la Communauté Autonome du Pays Basque ou Euskadi, formée par les provinces d’Alava (Araba), Guipúzcoa (Gipuzkoa) et la Biscaye (Bizkaia).

L’Institut Etxepare, qui dépend du Gouvernement Basque pour la promotion et la diffusion internationale du basque et de la culture basque, explique à propos de l’origine inconnue de cette langue:

“L’euskera est une langue génétiquement isolée : cela signifie qu’elle n’appartient à aucune famille linguistique connue. L’origine de la langue n’est pas très claire non plus. Les premiers textes écrits en basque datent du XVIe siècle, même si au Xe siècle on a déjà connaissance de chants, expressions ou vocables écrits apparaissant dans d’autres langues. Et pourtant, le premier livre écrit en basque est le Linguae Vasconum Primitiae, par Bernard Dechepare en 1545. En 1571, Joannes Leiçarraga traduisit en basque le Nouveau Testament. Depuis, la tradition littéraire en basque a été perpétuée dans les divers dialectes de la langue et a été amplifiée par la création en 1968 des bases pour la standardisation de la langue à charge de l’Euskaltzaindia, l’Académie Royale de la Langue Basque”.

Saint-Sébastien est la capitale basque où l'euskera est le plus parlé et où l’on trouve le plus haut pourcentage de bilingues. Selon les derniers calculs effectués par le Gouvernement Basque, un tiers de sa population est bilingue, autrement dit, communique habituellement et indistinctement dans les deux langues.